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Radiologie Interventionnelle
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Embolisation

Embolisation de la prostate (HPB)

Traitement mini-invasif de l'hypertrophie bénigne de la prostate par embolisation artérielle

📖 Qu'est-ce que l'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) ?

L'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), également appelée adénome prostatique, est une augmentation non cancéreuse du volume de la glande prostatique. Elle touche 1 homme sur 2 après 60 ans et jusqu'à 90 % des hommes après 80 ans. En comprimant l'urètre, elle provoque des troubles urinaires invalidants : jet faible, envies fréquentes et urgentes, réveils nocturnes (nycturie), sensation de vidange incomplète.

L'embolisation des artères prostatiques (EAP) est une technique mini-invasive qui réduit l'apport sanguin de la prostate, entraînant une diminution progressive de son volume et une amélioration des symptômes urinaires dans plus de 80 % des cas — sans chirurgie, sans incision, sans risque d'éjaculation rétrograde ni d'impuissance.

Quels sont les bénéfices attendus de l'embolisation ?

L'embolisation des artères prostatiques (EAP) peut être proposée en alternative à la chirurgie pour les troubles urinaires liés à l'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP). Cette technique ne retire pas de tissu prostatique mais réduit le volume de la glande en bloquant son irrigation, avec les bénéfices attendus suivants :

  • Amélioration des symptômes urinaires : jet plus fort, diminution des envies fréquentes et des réveils nocturnes
  • Réduction du volume prostatique de 20 à 40 % à 6 mois
  • Préservation de la fonction sexuelle : pas d'éjaculation rétrograde, érections préservées dans plus de 95 % des cas
  • Pas d'incision, pas de cicatrice
  • Ambulatoire ou courte hospitalisation, reprise des activités en 24 à 48h
  • Alternative pour les patients à risque chirurgical élevé ou sous anticoagulants

À qui s'adresse cette méthode ?

  • Hommes souffrant de symptômes urinaires obstructifs liés à une HBP
  • Volume prostatique généralement ≥ 40 mL
  • Échec ou intolérance aux traitements médicamenteux (alpha-bloquants, inhibiteurs de la 5-alpha-réductase)
  • Refus ou contre-indication à la chirurgie
  • Patients sous anticoagulants ne pouvant être interrompus

Note : L'indication est posée en concertation avec l'urologue après bilan urodynamique et IRM prostatique.

Principes et déroulement de la procédure

L'embolisation des artères prostatiques utilise la voie naturelle des vaisseaux sanguins pour atteindre la prostate sans chirurgie. Sous guidage radiologique (cone-beam CT), un cathéter très fin est progressé jusqu'aux artères prostatiques, des branches très fines et parfois sinueuses, ce qui rend le cathétérisme techniquement minutieux. De petites microsphères sont ensuite injectées de façon bilatérale, bloquant l'irrigation de la prostate. Privée d'une partie de son apport sanguin, la prostate réduit progressivement de volume sur plusieurs semaines à mois, diminuant la compression de l'urètre.

🩺 Voie d'abord radiale privilégiée à Cochin AP-HP
Pour l'embolisation de la prostate, nos radiologues privilégient la voie radiale (poignet) lorsque l'anatomie le permet, avec un repli vers la voie fémorale (aine) si nécessaire. Avantages de la voie radiale : levée immédiate après la procédure, pas de décubitus strict, retour à domicile facilité, moindre risque d'hématome. Le choix définitif est fait par le radiologue le jour de la procédure selon l'anatomie artérielle.

Le jour de la procédure — étape par étape

1

Hospitalisation courte (1 à 2 jours). Anesthésie locale et sédation dans la majorité des cas ; anesthésie générale possible à la demande

2

Accès artériel par le poignet (voie radiale privilégiée) ou l'aine (voie fémorale)

3

Cathétérisme super-sélectif des artères prostatiques sous guidage radiologique (cone-beam CT)

4

Injection bilatérale de microsphères dans les artères prostatiques

5

Durée totale : 1h30 à 3h selon l'anatomie. Surveillance post-procédure

Quelles sont les suites ?

Effets attendus et transitoires :

  • Syndrome post-embolisation : brûlures urinaires, dysurie (difficulté à uriner), traces de sang dans les urines, le sperme ou les selles, dans les premiers jours — normal et attendu
  • Traitement antibiotique prescrit (antibioprophylaxie, environ 5 jours) — à prendre dès le retour à domicile
  • Alpha-bloquants à poursuivre (Alfuzosine, Tamsulosine…) pendant au minimum 3 mois après le geste
  • Amélioration du débit urinaire progressive sur 1 à 3 mois
  • Reprise des activités dès le lendemain dans la plupart des cas

Les complications sont les suivantes :

Complication Description Fréquence
Syndrome post-embolisationBrûlures urinaires, dysurie transitoire, sang dans les urines/sperme/selles pendant quelques joursFréquent
Rétention urinaire transitoirePeut nécessiter la pose temporaire d'une sonde urinaire5–10 %
Échec technique (anatomie artérielle défavorable, athérome sévère)Une alternative chirurgicale ou médicamenteuse est alors discutée5–10 %
Infection urinaireTraitée par antibiothérapie adaptée< 3 %
Ulcération vésicale ou urétrale par migration de microsphèresExceptionnelle, peut nécessiter un traitement endoscopique< 1 %
Hématome au point de ponctionRésorption spontanée en quelques semaines< 1 %

⚠️ En cas de fièvre > 38,5°C persistante, de rétention urinaire complète, ou de douleurs intenses, contactez rapidement le service : 01 58 41 46 12.

Suivi après le traitement

  • Contrôle ECBU avant la procédure ; à distance si symptômes urinaires persistants
  • Suivi par votre urologue à 1, 3 et 6 mois avec débitmétrie et score IPSS
  • Une seconde embolisation ou la chirurgie restent possibles en cas de résultat insuffisant

Quelles sont les limites du traitement ?

L'embolisation entraîne une réduction de volume de la prostate mais pas son ablation. Une surveillance reste recommandée :

  • Dans 5 à 10 % des cas, le cathétérisme des artères prostatiques est techniquement impossible (anatomie défavorable, athérome) — la procédure ne peut alors pas être réalisée
  • L'amélioration des symptômes est progressive sur plusieurs mois, contrairement à la chirurgie dont l'effet est immédiat
  • En cas de résultat insuffisant, une seconde embolisation ou la chirurgie restent possibles

Dans tous les cas, il vous sera toujours possible d'opter pour la chirurgie.

Quelles sont les autres techniques et alternatives possibles ?

🏥 Résection trans-urétrale (RTUP)

Traitement de référence de l'HBP : ablation endoscopique du tissu prostatique en excès, par les voies naturelles, sous anesthésie générale ou rachianesthésie. Résultats immédiats et durables, mais avec un risque d'éjaculation rétrograde dans 65 à 75 % des cas et nécessite une sonde urinaire pendant 24 à 48h.

🏥 Adénomectomie / Laser (HoLEP)

Pour les très grosses prostates (> 80-100 mL), l'adénomectomie chirurgicale ou l'énucléation au laser (HoLEP) retirent la totalité de l'adénome. Résultats très durables mais hospitalisation plus longue et risque d'éjaculation rétrograde comparable à la RTUP.

💊 Traitements médicamenteux

Les alpha-bloquants (Tamsulosine, Alfuzosine) relâchent les fibres musculaires de la prostate et améliorent rapidement le débit urinaire. Les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase (Finastéride, Dutastéride) réduisent le volume prostatique sur plusieurs mois mais peuvent causer une baisse de la libido. Traitement de première intention pour les symptômes légers à modérés.

👁️ Simple surveillance

Une HBP avec des symptômes légers et un score IPSS faible peut ne nécessiter aucun traitement dans l'immédiat, avec une surveillance régulière (score IPSS, débitmétrie, PSA).

Selon votre cas, la technique paraissant la plus appropriée vous sera proposée et discutée lors de la consultation, en concertation avec votre urologue.

Que se passe-t-il si je refuse finalement le traitement par embolisation ?

Vous restez entièrement libre de votre décision, y compris le jour de la procédure. Votre médecin discutera avec vous de la prise en charge la plus adaptée parmi les alternatives décrites ci-dessus : traitement médicamenteux, RTUP, adénomectomie/laser, ou simple surveillance.

Symptômes fréquents de l'HBP

  • Envies fréquentes d'uriner (de jour et de nuit : nycturie)
  • Envies urgentes difficiles à différer
  • Jet urinaire faible, intermittent ou difficile à démarrer
  • Sensation de vidange incomplète de la vessie
  • Dans les cas sévères : rétention aiguë d'urine nécessitant une sonde

📋 Préparez votre consultation avec le score IPSS

Le questionnaire IPSS évalue la sévérité de vos symptômes urinaires. Remplissez-le avant votre rendez-vous.

Remplir le questionnaire IPSS →

🏆 Centre de référence : En lien avec le Service d'Urologie de Cochin

L'embolisation des artères prostatiques est réalisée en étroite collaboration avec le Service d'Urologie de l'hôpital Cochin, l'un des meilleurs services d'urologie de France (31e mondial, 2e français : classement World's Best Hospitals 2025). La décision de traitement est prise de façon multidisciplinaire lors de nos RCP communes.

🏠 Retour à domicile facilité — Midiperf Santé

Nous travaillons en partenariat avec Midiperf Santé, prestataire de soins à domicile, pour organiser votre retour chez vous dans les meilleures conditions après une procédure interventionnelle. Un(e) infirmier(ère) coordinateur(trice) vous contacte avant votre sortie, se rend à votre domicile le jour J pour livrer le matériel, et assure le suivi dans les 48h. Astreinte 24h/24, 7j/7 en cas de besoin.

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💊 Douleurs après l'embolisation — Ce qu'il faut savoir

L'embolisation provoque une ischémie des fibromes (arrêt de leur vascularisation) qui entraîne une réaction inflammatoire locale : c'est le syndrome post-embolisation. Il est attendu et temporaire.

🔴 Symptômes normaux (48–72h)

  • Douleurs pelviennes (règles douloureuses)
  • Légère fièvre (< 38,5°C)
  • Nausées, fatigue
  • Légères pertes vaginales

✅ Traitement antalgique prescrit

  • Ibuprofène + paracétamol en alternance
  • Antispasmodiques si crampes
  • Antiémétiques si nausées
  • Retour possible à domicile dès J0 ou J1
⚠️ Consulter si : fièvre > 38,5°C persistant > 48h, douleurs très intenses non calmées par les antalgiques prescrits, ou signes d'infection — contacter directement le service : 01 58 41 46 12

Questions fréquentes

Oui. C'est l'un des avantages majeurs de l'EAP : elle ne provoque pas d'éjaculation rétrograde (contrairement à la résection RTUP) et n'affecte pas les érections dans la grande majorité des cas.
L'embolisation prostatique améliore les symptômes urinaires dans 70 à 85% des cas, avec une réduction volumique de 20 à 40%. Les résultats sont comparables à la chirurgie (RTUP) pour les formes modérées à sévères.
Une rétention urinaire transitoire peut survenir dans 5 à 10% des cas, liée à l'œdème post-procédure. Elle nécessite parfois la pose temporaire d'une sonde urinaire pendant quelques jours.
Vous restez entièrement libre de votre décision. Votre urologue et votre radiologue discuteront avec vous des alternatives : traitement médicamenteux, RTUP, adénomectomie/laser, ou surveillance.
Non. Contactez directement : ri.cch@aphp.fr · 01 58 41 46 12.

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