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Radiologie Interventionnelle
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Embolisation des varices pelviennes — Syndrome de Congestion Pelvienne (SCP)

Traitement des douleurs pelviennes chroniques liées à une insuffisance veineuse pelvienne

📖 Qu'appelle-t-on les varices pelviennes ?

Le syndrome de congestion pelvienne (SCP), ou insuffisance veineuse pelvienne, est une cause fréquente et sous-diagnostiquée de douleurs pelviennes chroniques chez la femme. Il est lié à des varices pelviennes : des veines ovariennes dilatées avec reflux veineux anormal. Le SCP représente la cause de douleurs pelviennes chroniques chez 30 à 40 % des femmes consultantes.

Les symptômes du SCP : douleurs pelviennes depuis plus de 6 mois (pesanteur, tiraillement) aggravées en position debout, en fin de journée et après les rapports — améliorées allongée ; dyspareunie (75 % des cas) ; dysménorrhée ; troubles vésicaux et rectaux ; varices périnéales. L'examen gynécologique est souvent strictement normal. Diagnostic posé en moyenne 7 ans après le début des symptômes.

L'embolisation des varices pelviennes est le traitement de référence à l'hôpital Cochin AP-HP Paris. Par voie fémorale droite, le radiologue occlut les veines pathologiques à l'aide d'Onyx® (sans coils), en ambulatoire, sous anesthésie locale et sédation — avec une courte anesthésie générale au moment précis de l'injection d'Onyx, geste douloureux. Efficacité : 70 à 85 % d'amélioration des douleurs.

Qu'est-ce que le syndrome de congestion pelvienne (SCP) ?

Le syndrome de congestion pelvienne (SCP) est une cause fréquente et sous-diagnostiquée de douleurs pelviennes chroniques chez la femme. Il est lié à la présence de varices pelviennes : des veines dilatées et tortueuses dans le bassin : résultant d'un reflux anormal dans les veines ovariennes ou iliaques.

On estime que le SCP représente la cause de douleurs pelviennes chroniques chez 30 à 40 % des femmes consultantes, mais il reste souvent méconnu car les varices pelviennes ne sont pas visibles à l'extérieur et l'examen gynécologique est souvent normal.

Comment reconnaître le syndrome de congestion pelvienne ?

Les symptômes typiques du SCP associent :

  • Douleurs pelviennes chroniques (depuis plus de 6 mois), souvent décrites comme une pesanteur ou un tiraillement pelvien
  • Douleurs aggravées en position debout prolongée et améliorées en position allongée
  • Douleurs aggravées en fin de journée, après l'effort ou après un rapport sexuel
  • Dyspareunie (douleurs pendant ou après les rapports) dans 75 % des cas
  • Dysménorrhée (douleurs pendant les règles), souvent sévère
  • Varices périnéales, des cuisses ou des membres inférieurs d'origine pelvienne dans 30–50 % des cas
  • Parfois : troubles urinaires (envies fréquentes, urgences), douleurs lombaires

💡 Une cause souvent ignorée : Beaucoup de femmes souffrant de SCP ont consulté de nombreux médecins (gynécologue, gastro-entérologue, urologue, psychologue) sans diagnostic. Le SCP est parfois diagnostiqué en moyenne 7 ans après le début des symptômes. N'hésitez pas à nous contacter si vous reconnaissez ces symptômes.

Qui est concerné ?

  • Femmes en âge de procréer (20–45 ans principalement)
  • Antécédent de grossesse(s) : le SCP est plus fréquent après plusieurs grossesses
  • Femmes avec un morphotype longiligne ou antécédents familiaux de varices
  • Douleurs persistantes malgré des explorations gynécologiques normales

Quels sont les bénéfices attendus ?

L'embolisation des veines pelviennes peut être proposée en cas de douleurs pelviennes chroniques liées au syndrome de congestion pelvienne. Cette technique occlut les veines dilatées responsables de la stase veineuse, avec les bénéfices attendus suivants :

  • Réduction durable des douleurs pelviennes chroniques dans 70 à 85 % des cas
  • Amélioration de la dyspareunie (douleurs lors des rapports)
  • Technique mini-invasive, ambulatoire, sans cicatrice ni chirurgie
  • Traitement simultané des varices périnéales associées si présentes
  • Alternative à la ligature chirurgicale des veines ovariennes
  • Reprise rapide des activités (24 à 48h)

À qui s'adresse cette méthode ?

  • Femmes présentant des douleurs pelviennes chroniques depuis plus de 6 mois
  • Varices pelviennes confirmées par imagerie (IRM pelvienne, écho-Doppler)
  • Résistance aux traitements médicaux (progestérone, anti-douleurs)
  • Varices périnéales ou des membres inférieurs d'origine pelvienne associées

Note : L'indication est posée après avis gynécologique ou vasculaire et confirmation des varices par imagerie.

Comment ça se passe ?

1

Intervention en ambulatoire : arrivée le matin, retour à domicile le jour même

2

Anesthésie locale et sédation consciente pour la majeure partie de la procédure

3

Accès veineux par voie fémorale droite (aine)

4

Exploration phlébographique des veines ovariennes et iliaques

5

Embolisation sélective des veines pathologiques par Onyx®. L'injection d'Onyx étant douloureuse, une anesthésie générale de courte durée est réalisée systématiquement à ce moment précis de la procédure, puis le patient est réveillé pour la fin du geste et la surveillance

6

Durée totale : 1 à 1h30. Surveillance de quelques heures puis retour à domicile

💡 À savoir sur l'anesthésie : contrairement à de nombreuses autres embolisations réalisées sous anesthésie locale seule, l'embolisation des varices pelviennes par Onyx® nécessite une anesthésie générale de courte durée au moment de l'injection, car ce produit provoque une douleur importante lors de sa diffusion dans les veines. Le reste de la procédure (ponction, cathétérisme, phlébographie) peut être réalisé sous sédation légère.

Quelles sont les suites ?

Effets attendus et transitoires :

  • Douleurs pelviennes ou lombaires modérées possibles les 48–72 premières heures (réaction post-embolisation normale, traitée par antalgiques)
  • Retour à domicile le jour même dans la grande majorité des cas
  • Reprise rapide des activités quotidiennes en 24–48h — arrêt de travail court non systématique
  • Amélioration progressive des douleurs sur 4 à 8 semaines (parfois jusqu'à 3-6 mois pour la réponse complète)

Les complications sont les suivantes :

Complication Description Fréquence
Hématome au point de ponction fémoralRésorption spontanée en quelques semaines< 2 %
Migration du matériel d'embolisation (Onyx)Très rare avec la technique actuelle, surveillance par imagerie< 1 %
Phlébite veineuse pelvienne transitoireInflammation de la paroi veineuse après occlusion, traitée par anti-inflammatoires2–5 %
Récidive des douleursReperméabilisation ou collatérales résiduelles ; une nouvelle embolisation est possible10–15 %

⚠️ En cas de fièvre > 38,5°C persistante, de douleurs intenses non calmées par les antalgiques, ou d'hématome qui augmente, contactez rapidement le service : 01 58 41 46 12.

Suivi après le traitement

  • Suivi clinique et imagerie (écho-Doppler ou IRM) à 3 et 6 mois
  • En cas de réponse partielle, une nouvelle embolisation des collatérales résiduelles peut être proposée
  • La chirurgie reste possible si nécessaire

Quelles sont les limites du traitement ?

L'embolisation occlut les veines pathologiques identifiées au moment de la procédure, mais :

  • Des veines collatérales non visibles initialement peuvent se développer et nécessiter une seconde séance (10 à 15 % des cas)
  • L'amélioration des douleurs est progressive sur plusieurs semaines à mois, non immédiate
  • Les varices des membres inférieurs associées (si présentes) peuvent nécessiter un traitement complémentaire par un autre spécialiste

Dans tous les cas, il vous sera toujours possible d'opter pour la chirurgie (ligature des veines ovariennes).

Quelles sont les autres techniques et alternatives possibles ?

🏥 Ligature chirurgicale

Ligature des veines ovariennes par cœlioscopie. Nécessite une anesthésie générale et une hospitalisation, avec un risque de récidive comparable à l'embolisation. Réservée aux échecs de l'embolisation ou en cas d'anatomie inaccessible par voie endovasculaire.

💊 Traitements médicamenteux

Progestatifs ou autres traitements hormonaux pouvant réduire la congestion veineuse pelvienne chez certaines patientes. Anti-inflammatoires et antalgiques pour la gestion symptomatique. Efficacité variable et souvent partielle.

🧘 Approches complémentaires

Kinésithérapie périnéale, activité physique adaptée, alimentation anti-inflammatoire et compression veineuse — voir section dédiée ci-dessous. Ces approches peuvent être associées à l'embolisation ou utilisées en première intention pour les formes peu sévères.

👁️ Simple surveillance

Pour les formes peu symptomatiques, une simple surveillance clinique peut être proposée, en particulier si une grossesse est envisagée à court terme (les varices pelviennes peuvent régresser après la ménopause).

Que se passe-t-il si je refuse finalement le traitement ?

Vous restez entièrement libre de votre décision, y compris le jour de la procédure. Votre médecin discutera avec vous de la prise en charge la plus adaptée parmi les alternatives : ligature chirurgicale, traitement médical, approches complémentaires (kinésithérapie, activité physique), ou simple surveillance si les symptômes sont supportables.

Traitements non interventionnels complémentaires

En complément de l'embolisation, plusieurs approches non interventionnelles peuvent aider à réduire les symptômes du syndrome de congestion pelvienne :

  • Alimentation anti-inflammatoire : réduire les aliments pro-inflammatoires (sucres raffinés, graisses saturées, alcool), favoriser les oméga-3 (poissons gras, huile de lin, noix), les légumes et fruits riches en antioxydants, et les fibres pour limiter la congestion veineuse pelvienne
  • Kinésithérapie périnéale : le travail avec un kinésithérapeute spécialisé en rééducation pelvi-périnéale peut améliorer les douleurs pelviennes chroniques, corriger les tensions musculaires pelviennes associées et renforcer le plancher pelvien
  • Activité physique adaptée : la marche, la natation et le yoga favorisent le retour veineux pelvien et réduisent la stase veineuse ; éviter en revanche les sports avec impacts répétés ou position debout prolongée en période douloureuse
  • Compression veineuse (bas de contention) : peut soulager les varices des membres inférieurs d'origine pelvienne
  • Médicaments veinotoniques : peuvent être proposés en complément pour améliorer le tonus veineux

Les questions que les patientes posent souvent

Mon bilan gynécologique est normal : est-ce possible quand même ?

Oui. C'est l'une des caractéristiques du SCP : l'examen gynécologique standard est souvent strictement normal, car les varices pelviennes sont internes et non visibles en consultation. Seule une imagerie spécifique (IRM pelvienne ou écho-Doppler veineux pelvien en position debout) peut les mettre en évidence.

Quelles sont les situations qui aggravent les douleurs ?

  • Position debout prolongée (travail debout, longues marches)
  • Fin de journée ou après l'effort
  • Pendant et après les rapports sexuels
  • Pendant les règles
  • Grossesse (les varices pelviennes se constituent souvent pendant ou après les grossesses)

L'embolisation affecte-t-elle la fertilité ?

Non. L'embolisation des veines ovariennes ne supprime pas la fonction ovarienne. Des grossesses ont été rapportées après embolisation pour SCP. La question de la fertilité est toutefois discutée individuellement selon votre situation clinique.

Combien de temps dure le bénéfice ?

Les études publiées montrent une amélioration durable des douleurs dans 70 à 85 % des cas à 2 ans. En cas de récidive partielle, un complément d'embolisation est possible.

📋 Évaluez vos symptômes avant la consultation

Notre questionnaire SCP vous permet d'évaluer l'intensité de vos douleurs et de préparer votre rendez-vous.

Remplir le questionnaire SCP →

Que préparer avant la consultation ?

  • IRM pelvienne ou écho-Doppler veineux pelvien récent
  • Courrier gynécologique
  • Description précise des douleurs (localisation, facteurs déclenchants)

🏠 Retour à domicile facilité — Midiperf Santé

Nous travaillons en partenariat avec Midiperf Santé, prestataire de soins à domicile, pour organiser votre retour chez vous dans les meilleures conditions après une procédure interventionnelle. Un(e) infirmier(ère) coordinateur(trice) vous contacte avant votre sortie, se rend à votre domicile le jour J pour livrer le matériel, et assure le suivi dans les 48h. Astreinte 24h/24, 7j/7 en cas de besoin.

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📄 Document patient à télécharger

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Fiche d'information patient

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Prise en charge : Acte pris en charge par l'Assurance Maladie. Aucun dépassement d'honoraires.

⚖️ Embolisation vs ligature chirurgicale

Critère Embolisation (Cochin) Ligature chirurgicale
Cicatrice❌ AucuneLaparoscopique
Bilan veineux complet (dans le même temps)
HospitalisationAmbulatoire J01–2 nuits
Efficacité douleur70–85%60–75%

Questions fréquentes

Le syndrome de congestion pelvienne (SCP) est causé par des varices pelviennes — des veines ovariennes ou pelviennes dilatées avec reflux anormal. Il touche 30 à 40% des femmes avec douleurs pelviennes chroniques. Le diagnostic est souvent posé 7 ans après les premiers symptômes, car l'examen gynécologique est habituellement normal.
L'embolisation occlut sélectivement les veines ovariennes dilatées par voie fémorale droite, sous anesthésie locale et sédation, avec une courte anesthésie générale au moment de l'injection d'Onyx® (geste douloureux). Réalisée en ambulatoire. Efficacité sur les douleurs dans 70 à 85% des cas. L'intervention dure 1h à 1h30.
Une lettre ou ordonnance de votre médecin (généraliste ou spécialiste) est recommandée. C'est le radiologue interventionnel qui évalue l'indication et décide de la prise en charge. Contactez-nous : ri.cch@aphp.fr · 01 58 41 46 12.

🔗 Voir aussi

Comparaison des traitements du syndrome de congestion pelvienne

Critère Embolisation (Cochin) Sclérothérapie Chirurgie (ligature) Traitement médical
Anesthésie Locale + sédation Locale Générale
Hospitalisation Ambulatoire Ambulatoire 1-3 jours
Efficacité sur douleurs pelviennes 70-85 % 50-65 % 60-75 % 40-55 %
Traite les varices périnéales Oui (simultanément) Partiellement Oui Non
Reprise d'activité J+2 à J+5 J+2 à J+5 2-4 semaines Immédiate
Grossesse possible après Oui Oui Oui Oui
📊 Résultats à Cochin AP-HP et dans la littérature
À Cochin, l'embolisation des varices pelviennes utilise l'Onyx® (agent liquide polymérisant) plutôt que les coils classiques, permettant un remplissage plus homogène des veines ovariennes. Les résultats sont conformes aux meilleures séries internationales (SIR, CIRSE) : amélioration significative des douleurs dans 70 à 85 % des cas à 6 mois, avec un maintien du bénéfice à 12-24 mois dans la majorité des patientes répondeuses.
⏱ Retard diagnostic moyen : 7 ans
Le SCP est l'une des causes de douleurs pelviennes chroniques les plus sous-diagnostiquées. De nombreuses patientes ont consulté de multiples spécialistes avant d'obtenir le diagnostic. Si vos douleurs pelviennes chroniques ne sont pas expliquées par une pathologie gynécologique connue et sont aggravées en position debout, demandez un écho-Doppler pelvien orienté vers le SCP.

Questions fréquentes sur les varices pelviennes

Les varices pelviennes peuvent-elles causer des varices aux jambes ?
Oui. Les varices atypiques des membres inférieurs (face interne des cuisses, fesses, grandes lèvres, périnée) sont souvent d'origine pelvienne : elles naissent d'un reflux des veines ovariennes qui draine vers le bas. L'embolisation des veines ovariennes tarit la source de ces varices et entraîne leur régression progressive dans la majorité des cas.
Le syndrome du casse-noisette (nutcracker) est-il une cause de varices pelviennes ?
Oui. Le syndrome du casse-noisette (compression de la veine rénale gauche entre l'aorte et l'artère mésentérique supérieure) peut entraîner une hypertension veineuse rénale gauche transmise aux veines ovariennes, favorisant le reflux et les varices pelviennes. Il est recherché à l'écho-Doppler et à l'IRM. Sa présence peut influencer la stratégie d'embolisation.
Peut-on avoir un SCP si on n'a jamais eu d'enfants ?
Oui, mais c'est moins fréquent. La multiparité est le principal facteur de risque (les grossesses répétées dilatent les veines ovariennes), mais des femmes nullipares peuvent également développer un SCP en raison d'une insuffisance valvulaire congénitale des veines ovariennes ou d'une compression anatomique (syndromes du casse-noisette ou de May-Thurner).
Combien de temps faut-il pour voir les résultats de l'embolisation ?
L'amélioration des douleurs est progressive sur 3 à 6 mois. Certaines patientes ressentent une amélioration dès les premières semaines, d'autres nécessitent 4 à 6 mois pour évaluer le bénéfice complet. La première consultation de suivi est programmée à 6 semaines, puis à 3 et 6 mois avec un questionnaire de douleur.
L'embolisation pelvienne traite-t-elle aussi les douleurs lors des rapports sexuels ?
Oui. La dyspareunie profonde (douleur lors des rapports sexuels) est l'un des symptômes les plus améliorés par l'embolisation des varices pelviennes dans les séries publiées, avec une amélioration dans 70 à 80 % des cas. Elle est liée à la congestion veineuse pelvienne qui se majore lors des rapports.
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